Capitale régionale, Lille est le point de passage quasi obligé de tous les Nordistes.
C’est ici que l’on trouve non seulement le conseil régional et la préfecture de région, mais aussi les sièges sociaux des grandes entreprises, la bourse du Nord, les grands magasins, les théâtres (La Métaphore de Mesguich, le Sébastopol), l’opéra, les cinémas, les concerts, et la vie étudiante. Même si les 3 universités d’État sont implantées à Villeneuve, tous les jeunes se donnent généralement rendez-vous dans les rues piétonnes de Lille, en particulier autour de la rue de Béthune. Et, une fois par an, le 1er dimanche de septembre, la ville est investie par un à 2 millions de chineurs ou de simples badauds, qui ne manquaient la braderie pour rien au monde.
Visiteurs, prévoyez plusieurs jour pour connaître Lille. La commune est trop riche et trop diverse pour être vue au pas de course. Surtout quand on aime le mélange des époques : l’Ancien Régime revisité dans le Vieux Lille, le parfum de révolution industrielle des faubourgs, la vie actuelle et agitée du centre, l’esquisse du futur à Euralille.
Le Vieux Lille
C’est bien sûr simplificateur. Ainsi, le Vieux Lille est dominé par un immeuble aussi moderne que bétonné, le palais de justice (1969, par Willerval et Spender), qui détonne avec le reste du quartier. À proximité, la rue Princesse paraît presque dédiée au général de Gaulle. Dans l’église Saint-André (XVIIIe siècle), on explique que le petit Charles y a été baptisé le jour de sa naissance, le 22 novembre 1890. Au numéro 9, sa maison natale a été élevée en musée en 1983. Sont présentés, outre de nombreux souvenirs familiaux, une rétrospective photographique, un court spectacle audiovisuel, la DS dans laquelle se trouvait le couple de gaulle le jour de l’attentat du Petit-Clamart (22 août 1962), des meubles provenant de Londres, etc.
En revenant vers le palais de justice, un petit détour vers le périphérique permet d’admirer la porte de Gand (1621), qui, en dehors de la Citadelle, est peut-être le plus joli vestige actuel des fortifications, grâce au dessin de ses briques.
La rue de la Monnaie est le symbole de ce Vieux Lille réhabilité et devenu très chic. Un bâtiment attire encore plus l’attention : l’hospice Comtesse.
Quelques pas de plus suffisent pour découvrir Notre-Dame-de-la-Treille, église non achevée, commencée en 1854 dans style néo-gothique, devenu hybride. Cette basilique a été élevée au rang de cathédrale depuis que Lille est évêché (1913).
Enfin, le Vieux Lille est délimité à l’ouest par une véritable ville fortifiée, la Citadelle, qui figure avec Le Quesnoy dans les plus belles réalisations de Vauban. En 1708, elle a soutenu le « Grand Siège », devant Marlborough et le prince Eugène.
Les faubourgs
En longeant la Deûle puis le périphérique, on arrive dans les faubourgs, dont la réhabilitation n’est pas encore achevée. Des communes annexées en 1858 (Esquermes, Moulin, Fives), Wazemmes est celle qui change le plus. 20 500 habitants s’y entassent sur 250 ha, dans des conditions qui ont longtemps contribué à la mauvaise réputation du quartier. Mais, aujourd’hui, il est le seul à vivre le dimanche, grâce à son marché aux puces autour de Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
La vie lilloise
Les 6 autres jours, l’animantion est concentrée dans un petit quadrilatère autour des rues piétonnes. Les Nordistes viennent d’abord à Lille pour « remonter la rue de Béthune », bouquiner dans le Furet, la plus grande librairie du monde (7000 m², 600 000 volumes), se repose en terrasse face à la statue de la Déesse, qui domine la place de Gaulle, ou sentir les parfums du marché au fleurs à l’intérieur de la vieille Bourse, ensemble de 24 maisons identiques (1652-1653).
La proportion de monuments au mètre carré dépasse sûrement celle de Paris : l’opéra de Louis-Marie Cordonnier, le palais des congrès et de la musique, de style moderne, l’hôpital militaire ou encore le palais Rihour, édifié à partir de 1453 par le Philippe le Bon, 3e duc de Bourgogne. Il en reste aujourd’hui notamment une vaste salle au rez-de-chaussée, dite « salle des gardes ».
Au bout de la rue de Béthune, la place de la République laisse face à face la préfecture (XIXe siècle) et le palais des Beaux-Arts, dont la réouverture est programmée à la fin de 1994.
Le nouveau Lille
En marchant vers l’est, on entre dans le futur. Déjà, la cité administrative, le nouveau quartier Saint-Sauveur, autour du pavillon du même nom, et la foire commerciale, derrière l’hôtel de ville (1924-1929), semblent du modernisme dépassé à côté des nouveaux projets. Même le légendaire beffroi (104 m) perd de sa hauteur devant la taille des ambitions d’Euralille, confié à l’architecte Rem Kolhaas et à d’autres visionnaires talentueux.
70 ha dans un 1er temps, 300 000 m² de bureaux, commerces, logements, services et espaces de détente et de loisirs : le quartier du futur cumulera les fonctions qu’ont à Lyon et à Paris La Part-Dieu et la Défense. Il comprendra un parc urbain de 10 ha, les tours du Crédit Lyonnais et du World Trade Center, une gare TGV et un triangle entre les 2 gares, une rue Le Corbusier pour les cafés et les discothèques, un hypermarché Carrefour entouré de 300 magasins, un hôtel 4 étoiles de 200 Chambres… et ce n’est pas tout, 50 ha de plus ont été mis en réserve !
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