Bailleul
On considère souvent Bailleul comme un point de départ pour les monts des Flandres. La ville elle-même est située sur une colline de 44 m de hauteur. C’est dire si son beffroi domine le « plat pays ». le son de ses 35 cloches part de l’un des seuls bâtiments à base ancienne (XIIe siècle), bien que la majeure partie ait été refaite en style Renaissance flamande. Le reste du centre-ville a été entièrement reconstruit après la 1re Guerre mondiale, dans un style resté flamand.
Aussi, la vraie histoire de Bailleul, de cette cité martyre qui fut détruite 8 fois entre 1436 et 1918, se décline dans ses musées. Place Pichon, l’école dentellière rappelle que dans les années 20, l’Américain Nelson Cromwell avait relancé cette activité traditionnelle. En prenant la rue du Collège, on arrive sur le musée Benoît-Dupuy, la mémoire culturelle de la Flandre, avec ses meubles, ses faïences, ses tableaux de maîtres (Bruegel entre autres).
Le caractère purement flamand de Bailleul est exacerbé une fois par an, le week-end précédant le mardi gras. Pour le carnaval, on sort non seulement le géant Gargantua et le docteur Piccolissimo, mais aussi les groupes folkloriques, les grosses têtes et la foule des inconnus masqués et costumés.
Mont des Cats et Mont Noir
Oh ! ce ne sont pas des monts comme l’imagineraient les Savoyards ou les Pyrénéens. Des simples promontoires dont les faibles altitudes suffisent à surveiller l’ensemble de la région.
Culminant à 158 m, le mont des Cats est le plus connu, grâce à son abbaye fondée en 1826, et au fromage qu’on y fabrique. Par l’antenne TV aussi, qui le distingue au loin.
Sur un autre versant du mont des Cats, Godewaersvelde a acquis une renommée grâce au chanteur pour ce nom, auteur de Quand la mer monte. Une zone de loisirs permet de s’initier aux jeux traditionnels (tir à l’arc, arbalète, etc.).
Pour retourner vers le mont Noir, il est amusant d’emprunter un… col ! Celui de Berthen, seul col français répertorié au nord de la Seine, qui affiche une altitude de 109 m !
Au mont Noir, dénommé ainsi pour l’obscurité de ses bois, règne le souvenir de Marguerite de Crayencour, élue 1re académicienne sous l’anagramme de Yourcenar. Un musée retraçant la carrière de l’auteur des Mémoires d’Hadrien a été ouvert à Saint-Jans-Cappel.
Steenvoorde
Lieu de passage vers la Belgique, Steenvoorde se mue souvent en destination finale lors des fêtes flamandes, véritables points de repères du calendrier local. En avril, le carnaval d’été est animé par le géant Jan de Houtkapper (Jean le Bûcheron). Celui-ci, selon la légende, fabriqua des chaussures pour Charlemagne, qui, en retour, lui offrit une armure et une épée. Il s’en servit pour défendre les Steenvoordois lors de l’invasion des Normands.
Plus tard dans l’année, les rues et les cafés se remplissent de nouveau lors du comice agricole de juin, des ducasses de juillet et d’août (celle du Ryveld), et de la fête du houblon d’octobre.
Eecke
Le cœur de la Flandre. Le Klok-huis, clocher séparé de l’église, est le symbole de cette commune dont le nom signifie « chêne » en germanique. Eecke est d’ailleurs jumelée avec Eicke en Allemagne, Eke en Belgique et Eiken en Suisse. Tous les 10 ans, elle organise la fête de la chaîne des chênes.
Cassel
La cerise sur le gâteau. Le mont Cassel (176 m) était jadis dominé d’un imposant château. Il relève en effet d’une situation stratégique de 1re importance. Par beau temps, son sommet donne vue sur la mer à 40 km. Pour cette raison, Foch y établit son quartier général lors de la bataille des Flandre (octobre 1914-juin 1915).
Cet événement est retracé comme beaucoup d’autres au musée installé dans le T’Landshuys, ou hôtel de la Noble Cour. À côté du musée, face à la mairie, les maisons de la Grand’Place renforcent encore les charmes de ce bourg, considéré comme l’un des plus jolis des 2 départements réunis. De cet alignement, se détachent les balcons en fer forgé de l’hôtel du Prévôt de Saint-Pierre, et les façades des hôtels Lenglé et Mac-Mahon.
Passé la fontaine, sur le prolongement de la place, la collégiale gothique représente la véritable hallekerque, avec ses 3 nefs de hauteurs égales. Le westwerk, l’un des blocs de façades, date du XIIe siècle, un siècle après la 1re construction. Une seule partie date de l’époque d’origine, un fragment appelé « Opus Spicatum » ou « arête de poisson ». Derrière, l’ancienne église des Jésuites tranche par son style baroque.
Sur les versants sud et ouest, des ruelles forment un lieu de promenade apprécié, et notamment la rue des Remparts, de un mètre de large. En les empruntant, on admire les portes, dont celles d’Aire.
Tout en haut, à côté du jardin public, le moulin à vent en bois Casteel Meulen est sur pivot depuis le XVIIIe siècle. La vue panoramique est magnifique. Comme le prétend le dicton, on y voit 5 royaumes, France, Belgique, Hollande, Angleterre et, au-dessus, le royaume de Dieu.
Enfin, si le château qui a donné son nom à Cassel (Castellum) a disparu, il demeure une rue et une porte (1621) portant son nom, et bien d’autres trésors que l’on découvre à chaque coin… l’intérieur du « toit des Flandres » s’admire autant que les vues extérieures qu’il offre.
Morbecque
La commune semble dédiée à saint Firmin. C’est d’abord le nom de l’église reconstruite 2 fois à l’identique après les dernières guerres. C’est aussi celui d’une source dont l’eau guérirait les rhumatismes. À proximité, la Motte-au-Bois attire par son église, sa forêt et son institut aéronautique, implanté dans l’ancien château du baron de la Grange.
Hazebrouck
Longtemps bourg tranquille, Hazebrouck a connu un essor rapide au XIXe siècle en devenant un nœud ferroviaire après 1848. Elle sut traverser les périodes difficiles, notamment après les destructions des 2 guerres mondiales. Maire de 1914 à 1928, l’abbé Jule Lemire permit ainsi de percer des routes et de bâtir la poste, la maternité, l’hôpital et les cités ouvrières. Édputé influent, il fit voter par la Chambre le repos hebdomadaire des ouvriers (1896), les retraites ouvrières et paysannes (1900) et les allocations familiales (1906). Il développa aussi les jardins ouvriers. Aujourd’hui, sa maison est devenue en partie un musée.
D’autres personnages sont honorés à Hazebrouck comme partout en Flandre : les géants. Ici, ils sont 4 à être exposés en permanence au musée, Roland, Tisje-Tasje, Toria et Babe-Tisje. Dans cette même maison des Augustins, la section Beaux-Arts est dominée par les peintures flamandes et hollandaises.
Pour le reste, la capitale de la Flandre intérieure présente quelques monuments historiques : l’hôtel de ville de style gréco-romain, de l’époque napoléonienne, et l’église Saint-Eloi, construite en hallekerque.
Hondschoote
En 1581, Hondschoote comptait 3 024 fabriques d’étoffes et 28 000 habitants. Après quelques guerres, troubles et incendies, il ne restait plus que 2000 habitants vers 1650.
Depuis, la population est remonté à 4000 environ, et la commune frontalière a gardé 2 édifices du XVIe siècle. D’une part, l’hôtel de ville de style ogival expose de nombreux tableaux autour de mobiliers d’époque. D’autre part, l’église Saint-Vaast se remarque à son clocher de 82 m. À l’intérieur, la chair en chêne, le maître-autel et le buffet d’orgue sont mis en valeur par une lumière dosée. Derrière l’église, une fontaine utile à la population fut offerte en 1835 par Alphonse de Lamartine, alors député du Nord. Et, comme la plupart des villes flamandes, Hondschoote possède son moulin à farine sur pivot. La poutre maîtresse du Noord-Meulen est de 1127.
Hondschoote est aussi le nom d’une bataille (8 septembre 1793), qui permit aux Français de libérer Dunkerque et d’éviter l’invasion des Anglais et des Autrichiens.
Bergues
La « Carcassonne fortifiée »
Avant même de devenir cette ville fortifiée du dispositif de Vauban, Bergues vécut longtemps à l’ombre de l’abbaye de Saint-Winoc, du nom du moine breton qui évangélisa les 1ers habitants au VIIe siècle. Conséquence de son rattachement à la France en 1668 par le traité d’Aix-la-Chapelle, sa ceinture de pierre et d’eaux fut commandée à Vauban par Louis XIV.
Comme beaucoup de villes de la région, Bergues fut largement détruite lors de la 2nde Guerre mondiale. Elle perdit notamment son église Saint-Martin, hallekerque datant de la Renaissance, et son beffroi, qui était le plus réputé du Nord.
Les 2 furent reconstruits. L’église Saint-Martin dans un style sobre de briques jaunes. Le beffroi doté d’un carillon de 50 cloches.
Sur le Groenberg, d’une altitude de 21 m, ne restent de l’ancienne abbaye que 2 tours, que l’un appelle « carrée » et « pointue ». Dans l’hôtel de ville (1871), une riche bibliothèque garde les livres de la période de Saint-Winoc. On a dénombre 5 000 volumes antérieurs à la Révolution française. Près de l’église, le mont-de-piété a été transformé en musée. L’école flamande (Bruegel, Jordeans, Rubens) n’y est pas forcément majoritaire face aux œuvres italiennes, espagnoles, hollandaises ou françaises. Le chef-d’œuvre du musée est le Joueur du vielle de Georges de La Tour.
Cependant, le spectacle purement berguois est tout autour de la ville, dans ces remparts qui alternent quais, tours, portes, bastions, murs d’escarpe et d’autres plans d’eau. La « Carcassonne fortifiée » vaut bien une bonne balade intra-muros, extra-muros, ou même les 2. En haut des remparts, le marcheur pourra s’arrêter contempler le plat pays.
Bray-Dunes
La commune la plus septentrionale de France doit son nom à Alphonse de Bray, armateur dunkerquois qui lança la station à la fin du siècle dernier. À Bray-Dunes, l’un des plaisirs préférés des vacanciers est de se rendre à pied en Belgique par la plage. Depuis 1992, ke parc Éole accueille les enfants pour que leurs parents puissent profiter de ces randonnées dans les dunes.
Zuydcoote
La station au grand sanatorium est devenue célèbre grâce à un livre de Robert Merle qui y raconte un week-end… et pourtant, cette ville faillit bien ne jamais renaître après la bataille de Dunkerque de juin 1940. Non seulement elle fut entièrement détruite, mais elle fut ensuite recouverte par les sables. Heureusement, on la refondit, et, surtout, on planta les dunes d’oyats pour éviter un nouvel ensablement. La dune Marchand (110 m) est même devenue une réserve naturelle.
Malo
Officiellement, Malo est aujourd’hui un quartier de Dunkerque. Mais, pour bien des employés et des ouvriers du Nord, ce nom a toujours signifié la destination des congés payés. Depuis sa fondation au siècle dernier par l’armateur Gaspard Malo, elle a symbolisé une part de rêve pour bien des gens qui montaient dans le « train de plaisir » du dimanche pour prendre un bain de mer.
Aujourd’hui, Malo-les-Bains demeure une plage très fréquentée, le long d’une digue animée, devant une école de voile, un casino, une salle de spectacle, une patinoire et tant d’autres possibilités de loisirs.
Dunkerque
Outre Malo, Dunkerque présente des équipements dignes d’une ville de 70 000 habitants. Ainsi, 3 musées se répartissent l’art contemporain, l’aquariophilie et les beaux-arts. L’église Saint-Éloi, restaurée après les ravages de la guerre, sert de dernière demeure à Jean Bart.
Le beffroi de 58 m servait auparavant de clocher à l’église Saint-Éloi. C’est l’un des derniers édifices du XVe siècle avec la tour du Leughenaer, seule rescapée des 28 tours qui jadis jalonnaient les fortifications bourguignonnes.
En dehors de ces exceptions, Dunkerque a payé un lourd tribut à la dernière guerre, et notamment lors de cette bataille de juin 1940 qui vit les Alliés fuir vers l’Angleterre devant l’avancée allemande.
Aussi, il reste d’autant plus de temps pour visiter les nombreuses entreprises qui ouvrent leurs portes aux groupes : Sollac, les raffineries, la centrale thermique ou le port, 3e de France pour les marchandises en général, et 1er pour le trafic de minerais et de produits métallurgiques.
Gravelines
Des riches souvenirs du passé
Au cours des siècles, Gravelines a toujours été favorisée par le pouvoir central, en raison de sa situation idéale. Le 1er coup de pouce date de 1160. Il est l’œuvre du comte de Flandres Thierry d’Alsace, qui détourne et canalise le cours de l’Aa pour faire Gravelines l’avant-port de Saint-Omer. En 1528, Charles Quint, duc de Bourgogne, oblige Gand, Ypres, Bruges et Le Franc à construire 4 bastions de Gravelines, qui portent depuis les noms de ces villes. En 1706, Louis XIV nomme Vauban gouverneur du lieu. Celui-ci complète les fortifications.
Bien sûr, ce résumé devrait être complété par des destructions, moins totales que dans les villes voisines. Mais aujourd’hui, Gravelines garde encore des riches souvenirs du passé. En 1er lieu, ce sont ses remparts, restaurés et aménagés. Pour la petite histoire, ils ont été sauvés de la démolition en 1902 faute de crédits lors du déclassement de la place forte.
Dans ces fortifications, un endroit constitue un but de promenade : le château appelé « arsenal », avec la poudrière et la salle du pilier central.
Une chance financière
Une autre chance financière obtenue plus récemment par Gravelines est la présence d’une centrale nucléaire, qui fonctionne à plein avec 6 tranches de 900 mégawatts depuis 1986. Dans le domaine des réacteurs à haute pression, on y explique aux visiteurs qu’il s’agit du site le plus puissant du monde après celui de Bruce au Canada.
De ce fait, la ville de Gravelines a eu plus de facilités pour développer la culture et le sport. Ainsi, l’arsenal abrite le seul musée français du dessin et de l’estampe originale. Mais, la réalisation qui fait courir tous les Nordistes à Gravelines, et pas seulement les basketteurs, est le Sportica, un espace moderne de 25 000 m² pour tous les loisirs, du bowling à la piscine.
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